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Les étudiants du Royaume-Uni restent mobilisés contre la libéralisation de l’éducation

le 01 février 2016

Les festivités de fin d’année n’auront pas affecté la combativité des étudiants du Royaume-Uni, bien au contraire l’année 2016 s’annonce comme une année décisive pour la défense de leur service public de l’enseignement. Malgré les mobilisations de novembre, le 14 janvier le gouvernement conservateur a supprimé définitivement les bourses pour les étudiants les plus démunis. Elles sont remplacées par un système de prêts bancaires, à rembourser à la fin des années d’étude. Au-delà de l’inégalité d’accès aux études supérieurs qui devient flagrante pour les étudiants issus des classes populaires, le démantèlement des aides aux étudiants ouvre la porte à l’endettement massif de ces derniers et au renforcement des liens entre les universités et les banques privés. Par ailleurs, la suppression des bourses n’a pas été objet d’un vote démocratique : le projet a été validé par un comité législatif de 18 élus, sans passer par la Chambre des Communes. La colère estudiantine gronde, le blocage spectaculaire du pont de Westminster par des centaines d’étudiants à l’issue de la manifestation du 19 janvier n’est que le début de la lutte. Leur slogan est clair : Grants not Debt (Des bourses, pas de dettes).

La politique anti-sociale de David Cameron a déjà fait des ravages dans le monde de l’éducation, depuis qu’en 2012 avait triplé les frais d’inscription pour les faire passer à 9.000 pounds (soit environ un peu plus de 12.000 euros). Le coût de la vie étudiante est devenu insupportable, d’autant plus qu’à Londres les prix de l’immobilier ont explosé et les logements étudiants n’ont pas été épargnés de la bulle spéculative qui pèse sur ce secteur. Mais les étudiants ont commencé à s’organiser et, depuis plusieurs mois, une grève des loyers a été déclenchée pour dénoncer les prix exubérants des résidences universitaires de l’University College of London (UCL). Ici, depuis 2009, les loyers ont grimpes de 56%, et la part du revenu dédiée au logement a dépassé la barre des ⅔ pour les londoniens. De plus, les prix dépassent facilement, pour des chambres de 9m2, les 1.000 euros par mois, obligeant les étudiants à se salarier au détriment de leurs études. Les gestionnaires de ces résidences, les universités, adoptent une logique managériale aux dépends des besoins des étudiants, négligeant la salubrité et l'état des logements (infections de rats et pannes de matériel sont monnaie courante).

L’Union des Étudiants Communistes soutient le mouvement Grants not Debt ainsi que les grévistes de l’UCL. Les deux se dressent contre la gestion capitaliste du monde de l’éducation, contre l’abandon des universités par l’État et leur vente progressive au secteur privé. Leurs luttes pour le maintien des bourses et pour un service du logement accessible à tous est nécessaire pour la défense de l’enseignement supérieur anglais, malmené par les mesures austéritaires et les reformes libérales. Ce ne sont pas les moyens matériels qui manquent pour baisser le coût de la vie des étudiants, mais bien la volonté politique pour le faire. Seule la mobilisation des étudiants anglais pourra faire basculer le rapport de force.

SOURCE: http://www.etudiants-communistes.org/node/12712

Tag(s) : #UEC, #europe

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