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La rentrée offensive des étudiants et enseignants québécois

le 02 octobre 2015

Alors que les syndicats enseignants du Québec sont en train de négocier le renouvellement de leur convention collective, des nouvelles dégradations des conditions de travail et d’étude sont à l’ordre du jour pour cette rentrée scolaire. Le gouvernement prévoit de n'augmenter que de 0,2 % les sommes dévolues à l’éducation en 2015-2016, ce qui devrait se traduire par une réduction des dépenses réelles dans ce secteur étant donné l’inflation prévue de 1,4 % cette année.

Les syndicats ont donc lancé le mot d’ordre de la grève pour contrer la rigueur budgétaire du gouvernement de Philippe Couillard. Le 30 septembre, 34.000 enseignant.e.s et 17.000 étudiant.e.s étaient en grève. Une manifestation nationale se tiendra à Montréal le samedi 3 octobre, pour obtenir un changement de cap dans la politique éducative.

D’abord, c’est l’enseignement primaire et secondaire qui s’est mobilisé. Les syndicats dénoncent l'augmentation du nombre d'élèves dans les classes, la diminution des services dans les établissements et l’augmentation de 32 à 35 heures de la semaine de travail des enseignant.e.s, sans aucune compensation salariale. Aussi, c’est la mise à mal de l’offre pédagogique qui est dénoncée, évoquant le risque de suspension de projets parascolaires, des sorties scolaires et du suivi des élèves handicapé.e.s.

Les universités et les cégeps [établissements d'enseignement collégial public pour des formations techniques et préuniversitaires] commencent aussi à se mobiliser en soutien aux salarié.e.s. Tous les 61 cégeps du Québec et dix associations étudiantes se sont déjà rangés du coté des grévistes lors des assemblées générales organisées dans les différents établissements. D’autres associations devraient suivre le mot d’ordre de la grève dans les prochains jours, alors que les débrayages se multiplient (à l’UQAM, à Sherbrooke, à Laval, à Concordia), ainsi que les manifestations spontanées telle qu’à Québec. La reprise de combativité de la part des associations étudiantes est un signal positif : la répression brutale du mouvement étudiant du printemps 2015 de la part des forces de l’ordre, les attaques portées par les médias et les tentatives de division et d’isolement joués par le gouvernement n’ont pas affaibli le potentiel de mobilisation des universitaires.

L’austérité touchant tous les domaines, les acteurs de l’éducation nationale ne sont pas seuls dans leur combat. Plus de 150 centres de santé sont également en grève contre la lenteur de leurs négociations avec le gouvernement. Le 30 septembre, des travailleurs et travailleuses des centres de santé et des travailleurs et travailleuses sociaux ont bloqué l’accès aux bureaux du Ministère du Travail. Le 1er octobre, 500 infirmiers et infirmières ont bloqué l’entrée de l’Assemblée nationale.

La réduction du budget alloué à l’éducation et l’austérité qui touche les services scolaires et universitaires répondent au rêve néolibéral de soumettre la culture et la transmission des savoirs aux critères de rentabilité. Un rêve, ou plutôt un cauchemar, dont le gouvernement Couillard s’est rendu le parfait exécuteur. C’est ce qu'annonce clairement le budget 2015-2016 lorsqu’il prévoit « des mesures pour accroître la performance du marché du travail, permettant d’améliorer l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail afin d’augmenter la population active en mesure de répondre aux besoins sectoriels et régionaux de main-d’œuvre ». Lors des négociations en cours pour les conventions collectives, le gouvernement a dévoilé une fois de plus son visage anti-social, penchant du côté des exigences du patronat : gel des salaires des enseignant.e.s jusqu'en 2016, puis une augmentation ridicule de 1 % par année jusqu'en 2019. Le gouvernement veut également apporter des modifications au régime de retraite, soit retarder l'âge de départ et ajouter des pénalités pour la prise de retraite anticipée.

L’Union des Étudiants Communistes est solidaire avec la mobilisation des enseignant.e.s et étudiant.e.s québécois.e.s. L’heure est à l’unité pour le mouvement social québécois s’il entend développer une véritable mobilisation inter-professionnelle et contrer les ravages du néolibéralisme. Une unité qui doit être renforcée aussi entre travailleurs et étudiants, afin d’éviter un essoufflement précoce du mouvement comme au printemps 2015.

Vive la lutte des enseignant.e.s pour des meilleures conditions de travail et des meilleurs salaires ! Vive la lutte des étudiant.e.s pour des universités et cégeps démocratiques, émancipateurs et financés à la hauteur de leurs besoins !

source:http://www.jeunes-communistes.org/2015/10/02-rentr%C3%A9e-offensive-%C3%A9tudiants-et-enseignants-qu%C3%A9b%C3%A9cois-12511

Tag(s) : #UEC, #amérique du nord

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