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Guadeloupe. C’est parti pour le Tour ... des Régionales !

31 Juil 2015 Danik I. Zandwonis

Focus

Pointe-à-Pitre. Vendredi 31 juillet 2015. CCN. Le Championnat des Régionales 2016 est lancé déjà depuis plusieurs semaines. Certaines « équipes » commencent à mouiller leur maillot. Ainsi, autour de Mélina Seymour, en mode capitaine d’équipe « Ambition Guadeloupe » essaie de quadriller le terrain en prenant quelques longueurs d’avance. L’UPLG de Marie Christine Quidal revient en force dans le match des électoralistes mais semble avoir du mal à trouver une « dream team » Ary Chalus, qui jouera dans doute en milieu de terrain voire à l’aile droite, ‘ a pas encore tout son effectif : il continue donc son mercato dans les déjeuners champêtres. Victorin Lurel, le « champion » sortant, doute un peu, mais prépare dit-on une équipe de choc, dans la perspective annoncée d’un match retour. Jeudi dernier, le Parti Communiste Guadeloupéen, (PCG) qui a fait un assez bon score dans le Nord Grande Terre, et qui sera en 15é congrès en novembre prochain, revient à la compétition. Au lendemain de la conférence de presse du PCG, Christian Céleste l’ex-numéro1 devenu « coach » du Team Vatable a répondu sans langue de bois aux questions de CCN.

CCN. Quel est le bilan des comités pour l'autonomie lancé en février dernier ?
Christian Céleste. la création des Comités Populaires pour l’Autonomie est une tache de longue haleine qui s’inscrit dans la stratégie du Parti de construire à partir des communes un rapport de force politique populaire et de dimension nationale pour imposer au pouvoir français l’ouverture de négociations sur l’évolution statutaire de la Guadeloupe et notamment sur la revendication d’un statut d’Autonomie qui pour nous est une forme de gouvernance partagée dans le cadre de la république française.

Nous avons fait le choix de mettre en place ces comités dans une relation directe avec les guadeloupéens en allant sur le terrain, là où il vivent et travaillent.

Depuis le mois de mars, dans le cadre de la « karavan Kominis an peyi-là » nous avons déjà visité 16 communes de la Guadeloupe. Samedi dernier, nous étions à Marie-Galante. La rencontre avec les marie-galantais a été formidable et riche d’enseignements.

Après chaque passage nous mettons en place les moyens pour atteindre notre objectif de Comité populaire, les choses avancent bien. Nous ferons un bilan précis et visible au mois de novembre à l’occasion du 15° congrès du Parti.

CCN. la semaine dernière l'UPLG présentait sa liste pour les Régionales
Cette organisation qui ne réclame rien d'autre qu'une "large autonomie" aurait pu être avec vous ?
CC. Bien sûr, l’UPLG, mais aussi toutes les organisations politiques qui disent militer pour l’évolution statutaire de la Guadeloupe et notamment pour la revendication d’un statut d’Autonomie dans la France devraient être ensemble pour présenter une liste à ces élections régionales. Une liste qui se positionne franchement pour l’Autonomie et qui ne s’inscrit pas dans le jeu politicien qui depuis des années organise la faillite du pays.

En prenant l’initiative de créer le FPAC en 2012, le PCG avait cette ambition. Mais, comme vous le savez, pour des raisons pas tout à fait claires, le FPAC a suivi le chemin

De toutes les tentatives de rassembler les forces anticolonialistes qui l’ont précédé et a disparu de l’espace politique sans bruits ni trompettes.

Le pire de l’histoire, c’est que des anciens membres fondateurs des FPAC* participent à de nouveaux regroupements ou le dénominateur commun serait : tout sauf le PCG. Quel crime peut-on nous reprocher ?

CCN. Qu'appelez vous alors élus autonomistes ? En dehors des élus du PCG. Ou sont ils ? Qui sont-ils ?
CC. Un militant autonomiste c’est un citoyen qui, par-delà ses choix idéologiques et politiques refuse la domination d’un Etat extérieur sur son pays. mais qui peut accepter pour des raisons qui tiennent à l’histoire, à l’état de développement économique, au niveau de conscience nationale de son peuple, de négocier un statut de souveraineté partagée avec la puissance dominante.

Un élu autonomiste c’est donc quelqu’un qui a été élu démocratiquement sur cette base et qui défend dans les assemblées où il siège cette option politique, sans pour autant ignorer les revendications qui portent sur les conditions de vie et de travail de tout le peuple. En dehors des élus du PCG, il y a des élus dans les assemblées qui sont pour une évolution statutaire, voir même pour l’Autonomie, mais ils ne s’expriment pas. L’électoralisme qui balaye toute référence à l’idéologie et à la politique, qui nourrit une forme de « prostitution politique » pour assurer sa réélection fait qu’il est pratiquement difficile de trouver des élus pour afficher un engagement politique à contre-courant de la position majoritaire.

C’est aussi cela que nous voulons changer en présentant une liste des autonomistes.

CCN. Il n'y aura donc que des autonomistes sur cette liste ? Pas d'alliance possible avec des non autonomistes
CC. Notre déclaration du 30 juillet est très claire. Le PCG s’adresse à tous les Guadeloupéens, de toutes les classes sociales qui ont des convictions autonomistes. Nous ne sont pas fermées sur un schéma figé. La notion d’Autonomie est très large. Les communistes ont une vision de l’Autonomie, mais ils savent qu’il y a d’autres approches de la revendication de la responsabilité. Nous ne venons pas avec un projet clé en main. La discussion avec ceux qui accepteront de nous rencontrer permettra j’en suis persuadé de trouver la meilleure formulation.

CCN. Des élus autonomistes au Conseil Régional c'est votre slogan, Dans la mesure ou vous ne dites nulle part vouloir gagner et prendre le pouvoir à la Région, cela suppose que pour gagner des sièges au 2é tour, il vous faudra soutenir une liste, quels seront les critères de cet éventuel soutien ?
CC. Il faut relire la déclaration. Je crois sincèrement qu’elle a le mérite d’être claire. Elle ne place à aucune ambiguïté sur nos intentions. On ne peut pas nous accuser d’utiliser la langue de bois.

Nos objectifs sont clairs : Nous voulons gagner des sièges et nous voulons rompre avec toutes les politiques de faillite qui ont été menées jusqu’à ce jour. Cela signifie, il me semble, que nous ambitionnons le pouvoir. Nous ne posons pas avant le premier tour la question du 2°.

CCN. En lisant votre déclaration, nulle part on ne voit nulle part de réel désaccord politique exprimé avec l'équipe qui dirige la Région ; c'est volontaire ? Quel bilan faites vous alors des 2 mandatures Lurel ?
CC. Le désaccord avec la gouvernance sortante du Conseil Régional s’exprime dans tout le développement de notre déclaration. Comment peut-on être plus critique quand on parle de :-la faillite qui caractérise la situation de la Guadeloupe aujourd’hui ;

-notre détermination à sortir de la direction des affaires de notre pays ces dirigeants et élus politiques inféodés au système politique et économique français et européen ;

Les guadeloupéens trouveront une lecture politique globale de la situation de notre pays et surtout ils découvriront les mécanismes profonds qui sont à l’origine des désordres économiques, sociaux et sociétales que nous connaissons.

Nous faisons un réel effort pour éclairer les consciences et montrer les logiques externes qui déstructurent notre société. Car, la vraie question qu’il faudrait se poser est celle-là : Pourquoi les gouvernances de Lucette Michaux-Chevry, de Dominique Larifla, de Jacques Gillot, de Victorin Lurel se soldent toutes après 33 ans de décentralisation par ces échecs retentissants. Je prétends que par-delà leur personnalité controversée, ils avaient tous une certaine intelligence politique, des compétences réelles ; ils étaient tous des amis des gouvernements français. Alors cherchez l’erreur ?

Pour que les choses soient claires, nous avons des désaccords sur les choix de gouvernance avec le Président Lurel, dont le plus important porte sur la revendication statutaire. Ces désaccords sont connus et actés.

Nous savons bien, les rumeurs « organisées » qui circulent laissant entendre que nous serions des alliés de Lurel pour tenter de discréditer notre démarche.

Le PCG, ne changera pas de cap. Nous qui, avec Félix Proto, avons connu cette situation de mise à mort ne participerons pas à cet hallali venant surtout de ceux qui participent depuis 12 ans à la mise en œuvre de la politique de faillite aux côtés de Victorin Lurel et de tous ces « professeurs en morale politique » qui font leur marché au budget régional.

CCN. Globalement quelle est l’analyse que vous faites de la situation politique du pays ?
CC. La situation politique du pays est caractérisée par la persistance du modèle assimilationniste qui s’exprime à travers la départementalisation et la décentralisation.

La difficulté vient du fait que la majorité des dirigeants et élus politiques particulièrement ceux qui participent au pouvoir virtuel conféré aux assemblées locales sont convaincus qu’ils ont un réel pouvoir de décisions. Alors que tous les jours, les guadeloupéens constatent que sur les grandes questions d’intérêt général c’est le Préfet qui décide.

Pour sortir de l’impasse, il faut « sortir » les élus qui par mimétisme pratiquent la reproduction sans réserve des schémas et modèles inadaptés à nos réalités et exercent le pouvoir par procuration d’un appareil politique extérieur à notre collectivité.

Mais cela ne sera pas suffisant. IL faut mobiliser et entrainer le peuple guadeloupéen dans la conquête d’un véritable statut d’Autonomie.

C’est l’objet des Comités Populaires que nous travaillons à créer dans chaque commune.

CCN. A notre connaissance le PCG n'a rien dit sur le scandale politico-financier qui touche de manière collatérale Morne à l'eau et Port-louis ?
CC. Dans le cas de scandale que vous nous parlez il s’agit à l’heure actuelle d’une affaire qui intéresse un fonctionnaire pour des faits qui lui sont reprochés lorsqu’il était en

Poste à Morne à l’Eau. La Commune de Port-Louis n’est donc pas concernée. En ce qui concerne Morne à l’Eau, aucun élu à notre connaissance n’a été mis en cause à ce jour, ni convoqué par les services de police.

De toute façon, s’agissant de la morale en politique, le Parti Communiste est bien placé pour en parler.

Dans un séminaire tenu à son initiative en 1992 à Raizet par l’Association des Elus Communistes et Apparentés, un code moral a été adopté et proposé aux élus guadeloupéens. On peut discuter de la suite qui a été réservée à ce travail.

CCN. Il y a déjà eu des élus communistes à la Région, est ce suffisant pour " ba gwadloup on dot direksyon é on dot balan" ?
CC. Les élus communistes depuis la création de la Région en 1983 avec José Moustache comme Président, jusqu’en 2004 sous la présidence de Lucette Michaux-Chevry ont assumé avec honneur et réussite leur mission. Ils ont été les vice-présidents qui ont le plus apporté au projet aujourd’hui plébiscité de feu Président Félix Proto.

Mais, là encore, je me répète volontiers, l’avenir de la Guadeloupe ne se résume à la gestion des Assemblées locales dans le cadre du système assimilationniste.

Un élu communiste, donc autonomiste doit travailler à briser ce cadre pour passer à un statut d’Autonomie Pou ba Gwadloup on dot direksyon, on dot balan »

° NDLR. Le PCG a été c’est vrai à l’initiative de la création en 2012 de Forces Patriotiques Anticapitalistes et Anticolonialistes (FPAC) cette structure promise à un bel avenir, rassemblait, les militants de PCG, du FKNG ! du COPAGUA, et de l’UPLG. Comme à chaque fois, ce sont de profondes divergences sur le terrain électoraliste, qui ont opposé PCGistes et ULPLGstes et qui ont été à l'origine des discordes. Fort de cela FKNG ! qui refuse le jeu électoral français a donc démissionné des FPAC, la structure désormais fragilisée, n’a pas survécu

Déclaration du comité central du parti communiste guadeloupéen

Dans une déclaration rendue publique le 6 mars 2015, intitulée «POUR SORTIR LA GUADELOUPE DE L’IMPASSE», le Parti Communiste Guadeloupéen, prenant acte de la cécité et du comportement irresponsable de la majorité du personnel politique et des élus guadeloupéens, totalement indifférents à la catastrophe économique sociale et sociétale qui menace le pays, a annoncé qu’il assumera ses responsabilités de Parti des Travailleurs, au service de l’émancipation de tout le peuple guadeloupéen.

Il a déclaré, qu’il participera aux élections avec deux objectifs prioritaires :

- Gagner des sièges d’élus dans les assemblées pour défendre les revendications qui relèvent de l’urgence, afin d’améliorer les conditions de vie des Guadeloupéens.

- Populariser ses propositions pour résoudre les problèmes centraux de la Guadeloupe, qui sont : d’une part, celui d’un nouveau modèle de développement économique et d’autre part, celui du changement de ses rapports économiques, sociaux, politiques avec la France et l’Union Européenne.

Le pays se débat dans une crise générale qui s’aggrave sous les effets conjugués :

Des nouvelles orientations de l’Etat français et de l’Union Européenne, en ce qui concerne la politique des aides financières aux entreprises et notamment «l’octroi de mer».

- De La multiplication des dépôts de bilan, de mises en redressement et de liquidations des entreprises, notamment dans le secteur de l’hôtellerie.

- De l’explosion d’un chômage de masse particulièrement mutilant pour notre jeunesse avec toutes les conséquences de désocialisation que nous observons.

- De la négligence de l’Etat et des collectivités locales dans le traitement de la catastrophe naturelle constituée par l’envahissement des côtes guadeloupéennes par les algues «sargasses».

- De la perversion de la conscience des Guadeloupéens, entrainés dans une guerre politique malsaine pour le pouvoir, par des élus qui eux, participent solidairement, depuis des années, à la faillite du pays.

Cette situation, nous fait obligation de mettre en adéquation nos paroles et nos actes :

Nous prenons la responsabilité d’organiser la résistance de notre peuple dans cette période où dominent compromissions, magouilles, masko et alliances secrètes, qui préparent un nouveau crime contre la Guadeloupe, comme ce fut le cas en 1992.

POU BA GWADLOUP ON DOT DIREKSYON, ON DOT BALAN, POUR LA SORTIR
DE L’IMPASSE DE L’ASSIMILATION, LE PARTI COMMUNISTE GUADELOUPEEN
PRESENTERA UNE LISTE DES AUTONOMISTES AUX ELECTIONS REGIONALES
DES 6 ET 13 DECEMBR
E 2015

Notre ambition, c’est de créer un sursaut guadeloupéen, d’impulser un puissant mouvement citoyen dans le peuple, afin de rompre avec toutes les politiques qui, depuis l’avènement de la décentralisation en 1982, ont conduit la Guadeloupe dans cette situation de faillite.

Une faillite qui se mesure par le déclin de l’économie de production, la progression constante du chômage, le règne de l’import-consommation, l’absence de politiques publiques efficientes pour répondre aux besoins fondamentaux de la population : (alimentation en eau, moyens de transports, moyens énergétiques, santé et éducation, environnement, cadre de vie, préservation du foncier…).

Notre ambition, c’est de proposer au peuple guadeloupéen un projet global portant une nouvelle organisation économique, sociale, culturelle et politique, adaptée au potentiel du pays ; Un projet réaliste, qui repose sur l’adhésion, le savoir-faire, le travail et l’engagement des hommes et des femmes qui font ce pays, qui veulent son développement et le progrès pour tous ses habitants.

Notre conviction, c’est qu’il faut soustraire la Guadeloupe des mécanismes de transferts de compétences, exercées jusque-là par l’Etat, sans les moyens financiers et réglementaires correspondant à la situation réelle du pays. Ce système, qui se solde par des échecs retentissants 33 ans après la mise en œuvre de la décentralisation, fait la démonstration voulue par le pouvoir central, de l’incompétence, de l’absence de principes et de vision de la grande majorité des acteurs qui interviennent dans la gestion des affaires du pays : dirigeants et élus politiques, dirigeants et élus sociaux, leaders économiques.

Notre détermination, c’est de sortir de la direction des affaires de notre pays ces dirigeants et élus politiques inféodés au système politique et économique français et européen. Car, ceux-ci pratiquent par mimétisme, la reproduction sans réserve des schémas et modèles inadaptés à nos réalités, et exercent la parcelle de pouvoir que leur confère le suffrage universel, par procuration d’un appareil politique extérieur à notre collectivité.

Notre projet politique vise, par la voie démocratique, à négocier avec le pouvoir français, un statut d’autonomie : statut qui est une forme de «souveraineté partagée» dans le cadre de la République française.

Notre espoir, c’est de voir s’enclencher un véritable processus de transformation radicale des mentalités et des comportements dans notre peuple, pour faire émerger ce que la Guadeloupe comporte de meilleur dans tous les domaines de la société.

Car, contrairement à ce que le système colonial français et ses suppôts sur notre terre ont voulu nous inculquer par les mensonges et la ruse, la Guadeloupe n’est pas un pays pauvre, «un pays handicapé», un caillou perdu dans la mer des Caraïbes.

La Guadeloupe c’est, entre autre, plus de 90.000 km2 de surface maritime, ce qui représente une richesse considérable.

C’est aussi des ressources humaines de haute compétence qui s’expriment avec succès sur le sol guadeloupéen et ailleurs dans le monde.

La vérité s’étale aujourd’hui à la face du monde : La Guadeloupe à des ressources naturelles inépuisables, une diversité de territoires liée à sa configuration archipélagique, ce qui lui confère un large potentiel en matière de développement, et une biodiversité qui lui apporte une richesse inestimable.

C’est cette Guadeloupe-là, que nous avons décidé de porter dans cette campagne des élections régionales, avec tous les Guadeloupéens, qui comme nous, veulent la faire gagner.

Fort de cette ambition pour notre pays, le Parti Communiste Guadeloupéen appelle : les ouvriers, les chômeurs, les paysans, les artisans, les employés et cadres, les fonctionnaires et membres des professions libérales, les chefs d’entreprises..., tous les Guadeloupéens, de toutes les classes sociales, qui ont des convictions autonomistes, qui adhèrent à cette vision de la Guadeloupe à le rejoindre pour constituer cette liste aux élections régionales de décembre 2015…

POU BA GWADLOUP ON DOT DIREKSYON, ON DOT BALAN !

Pointe-à-Pitre, le 30 juillet 2015

source:http://www.caraibcreolenews.com/index.php/focus/item/3006-guadeloupe-c-est-parti-pour-le-tour-des-regionales

Tag(s) : #amérique latine, #élections

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