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La Chine porteuse d'espoir en Asie centrale

De Beijing à Washington, ceux qui observent les événements en Asie centrale savent que 2014 a été une année charnière. Après la réduction des effectifs militaires de la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan, qui a officiellement mis fin à la guerre, la région semblait prête à un retrait concomitant de l'intérêt occidental.

Mais ce repli n'a pas été le seul pivot géopolitique de 2014. Entre le revanchisme de Moscou, le démarrage lent de l'Union économique eurasiatique et la montée en puissance de l'État islamique, l'Asie centrale a connu une succession de frayeurs géopolitiques au cours des derniers mois.

Avec le recul des secteurs de la construction et des services de Russie, desquels dépendent les travailleurs migrants et qui constituent les principaux piliers du PIB au Kirghizistan et au Tadjikistan, une baisse considérable est à prévoir. Tandis que certains migrants ayant perdu leur emploi vont chercher du travail ailleurs, beaucoup d'autres rentrent dans leurs villages, incapables de subvenir aux besoins de leurs familles, et prompts à rediriger leur mécontentement sur les responsables gouvernementaux jugés incompétents.

En 2015, l'Asie centrale peut s'attendre à une baisse de ses opportunités économiques, à un nombre croissant de mécontents et de chômeurs, et à un attrait de plus en plus fort de l'extrémisme anti-étatique. S'il reste une raison de maintenir son optimisme pour la région, c'est Beijing. L'Asie centrale garde des relations chaleureuses avec la Chine plus que tout autre pays, au moins au niveau gouvernemental. Les revendications territoriales sont largement inexistantes, et les autocrates d'Asie centrale se sont montrés plus que disposés à recevoir la générosité de la Chine, souvent accordée sans aucune des conditions humanitaires préalables invoquées par l'Occident.

En effet, la capacité de la Chine à agir comme une présence pour le recentrage de la région a déjà porté ses fruits. L'initiative de la nouvelle ceinture économique de la Route de la soie annoncée par le président chinois Xi Jinping voit l'Asie centrale comme un passage incontournable vers les marchés européens. Pour cela, la Chine a accordé du temps et des ressources à l'élaboration de projets qui bénéficieraient à la région dans son ensemble.

Beijing préfère voir l'Asie centrale travailler dans l'unité et l'harmonie pour des bénéfices mutuels. Cette approche a déjà donné des résultats, et continuera vraisemblablement à en donner, surtout en ce qui concerne le développement des infrastructures. Le Tadjikistan, par exemple, devrait recevoir un investissement chinois de 6 milliards de dollars dans le futur proche. Bien que cela ne sera probablement pas suffisant pour compenser la baisse des revenus, ce projet aidera le pays à amortir le choc, et pourrait bien inspirer de prochains investissements dans le pays et dans la région.

D'autres exemples de l'accent régional de la Chine qui ont porté leurs fruits sont le réseau de gazoducs entre le pays et l'Asie centrale, qui amènent du gaz kazakh, ouzbek et turkmène à Beijing. La prochaine extension comprendra également les opérations kirghizes et tadjiks. Ces investissements s'étendent à d'autres projets d'infrastructure, notamment dans le domaine ferroviaire.

La question de la volonté ou de la capacité à poursuivre cette voie mérite d'être observée. Le Kirghizistan et le Tadjikistan, deux nations alignées à la frontière occidentale de la Chine, seront les plus durement touchés par le ralentissement économique russe. Cela signifie des menaces potentielles de sécurité pour les deux gouvernements, ainsi que de stabilité à l'extrémité occidentale du territoire chinois.

Beijing s'efforce depuis des années de renforcer la sécurité dans le Xinjiang et au-delà. L'année 2015 montrera à quel point la Chine est prête à s'engager pour la stabilité en Asie centrale. Le pays a montré sa volonté d'aider l'Asie centrale à intégrer un réseau unique, et continuera probablement à le faire dans les années à venir.

L'auteur, Casey Michel, est étudiant de troisième cycle à l'Institut Harriman de l'Université Columbia.

source:http://french.china.org.cn/china/txt/2015-01/18/content_34589135.htm

Tag(s) : #asie

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