Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

PATRICK LE HYARIC : Une terre, un Etat pour les palestiniens

PAR PATRICK LE HYARIC DÉPUTÉ AU PARLEMENT EUROPÉEN

Une terre, un Etat pour les palestiniens

vendredi 12 décembre 2014


A la suite de huit autres pays d’Europe, le gouvernement suédois, puis les parlements du Royaume-Uni, d’Irlande, d’Espagne, de France, ont adopté des résolutions appelant leur gouvernement à reconnaître l’Etat de Palestine. Demain, le Parlement portugais et peut-être italien pourraient faire de même. Nous entreprenons tout ce qui est possible pour qu’une majorité du Parlement européen appelle, dans les jours à venir, tous les Etats européens à contribuer à ce que le peuple palestinien dispose de son Etat et de sa terre.

Enfin, des parlementaires, des Etats se réfèrent au droit international en vue de son application.

Ce n’est en effet pas au gouvernement israélien de décider si un Etat palestinien doit exister, mais aux institutions internationales. Le droit des israéliens à disposer d’un Etat souverain est reconnu et assuré depuis longtemps. Nul ne le conteste. Par contre, contre les décisions de l’Organisation des Nations-Unies confirmées en 1967, puis en 2009, interdiction est faite aux palestiniens de disposer de leur Etat. Pire, la Palestine est occupée, rongée chaque jour un peu plus par une colonisation israélienne organisée, y compris, en faisant venir de plusieurs pays, notamment de Russie, des familles qui sont installées dans ces colonies, quand il est presque interdit de parler du « droit au retour » pour les six millions de palestiniens chassés de leurs maisons et de leurs terres depuis 1948.

Il faut cesser maintenant de parler de la Palestine comme de « territoires ». Il a été inventé cette insupportable formule de « territoires disputés » à propos de la Cisjordanie, alors qu’il s’agit d’un territoire.. occupé. Il suffit aussi d’entendre celles et ceux qui nous répètent, mois après mois, année après année, qu’ils sont évidemment d’accord avec l’existence de deux Etats, mais que « le moment n’est pas venu ». Depuis plus de soixante ans, ce n’est « jamais le moment » ! C’est le moyen de laisser la direction israélienne poursuivre en toute impunité ses basses œuvres militaires contre les enfants de Gaza, de réduction de toutes les libertés des palestiniens, dont la liberté de circulation, avec ces hideux check-points, ce mur de séparation, ces destructions de maisons et de villages à Jérusalem ou dans la vallée du Jourdain, l’extension de la colonisation qui est évidemment le projet fondamental du pouvoir israélien. Il vole aux palestiniens leur terre, leur eau, leur espace, leurs temps, leurs vies. L’avenir de tout enfant palestinien est aussi bouché que leurs routes. Ca suffit maintenant !

La résolution votée par l’Assemblée nationale est forte au sens où elle définit les frontières de l’Etat de Palestine et affirme Jérusalem-Est comme sa capitale, conformément au droit international. De facto, elle donc aussi les frontières de l’Etat d’Israël. Le texte adopté par la chambre des communes du Royaume-Uni est aussi très important au sens où il rappelle la responsabilité historique de leur pays colonisateur et le devoir de réparer l’injustice née de la déclaration de Balfour en 1917. Réparation ne veut pas dire disparition d’Israël, mais le choix de deux Etats. L’ensemble de ces résolutions constitue donc un processus. Elles devraient s’accompagner de dispositions claires contre la partie qui aujourd’hui refuse la paix et la coexistence de deux Etats, c’est-à-dire Israël. Un coup d’arrêt doit être mis à la colonisation, à la répression quotidienne contre les palestiniens, la reconstruction de Gaza, accompagnée de la fin du blocus doit être permise. Il faut notamment cesser de vendre des armes au gouvernement israélien. La libération de tous les prisonniers politiques doit être décidée, dont celle de Marwan Barghouti qui, comme Mandela, est en prison à vie pour… « terrorisme ». La création d’une force de protection internationale pour le peuple palestinien, garante de la sécurité des israéliens constituerait un acte fort. La France s’honorerait à faire à nouveau entendre la voix du droit, de la justice et de la paix. L’Union européenne dispose de moyens politiques, économiques, diplomatiques pour que triomphe la voix de la raison.

Continuer dans la voie actuelle est lourd de dangers, avec de nouvelles violences et de nouveaux désordres dans l’ensemble de la région. Cette voie est une menace pour le peuple israélien et pour Israël lui-même. Il faut cesser de biaiser ! Continuer à attendre, c’est créer les conditions de ne pas créer l’Etat palestinien ou alors, ce qui est inacceptable, un Etat croupion. Le gouvernement français doit maintenant reconnaître l’Etat palestinien et travailler d’arrache-pied avec les Nations-Unies, les Etats-Unis, les institutions européennes, la Ligue arabe, la Jordanie, l’Egypte pour une conférence internationale pour la justice, la paix au Proche-Orient, incluant un Etat pour les palestiniens dans les frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale. Oui, de partout, faisons raisonner cette demande de justice et de paix : une terre, un Etat pour les palestiniens.

source:http://www.elunet.org/spip.php?article83129

Tag(s) : #pcf, #moyen orient

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :