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Palestine : Libérer les prisonniers pour libérer l’espérance

FRANÇOISE GERMAIN-ROBIN

MARDI, 2 DÉCEMBRE, 2014

Qassam Barghouti a également été emprisonné pendant quatre ans en Israël pour son appartenance aux jeunesses du Fatah.

Photo : DR

À la veille du vote des députés français sur la reconnaissance de laPalestine, Qassam Barghouti, fils du leader palestinien emprisonné depuis douze ans en Israël, relance la campagne pour sa libération.

Qassam, le fils aîné de Marwan Barghouti, est en visite en France depuis quelques jours pour relancer la campagne internationale pour la libération de son père, Marwan Barghouti, député du Fatah emprisonné depuis avril 2002 dans les geôles d’Israël, au mépris des conventions sur la protection des populations vivant sous occupation étrangère. C’est bien le cas de Marwan Barghouti, enlevé à Ramallah, en Cisjordanie occupée, et condamné à cinq fois la perpétuité sous l’accusation de terrorisme.

Qassam, qui ressemble fort à son père, est l’aîné de quatre enfants – trois garçons et une fille. À vingt-neuf ans, il a lui aussi connu la prison. Lors d’une conférence de presse à Paris, il a raconté comment, étudiant à l’université américaine du Caire, il avait été arrêté à son retour en vacances : « La seule accusation, c’était d’être membre des jeunesses du Fatah. Pour cela, je suis resté quatre ans derrière les barreaux. J’y étais quand mon père a été arrêté. »

L’appel de Robben Island

Il ne l’a pratiquement plus revu depuis. Aujourd’hui, il s’est à son tour lancé dans la bataille pour la libération des prisonniers aux côtés de sa mère Fadwa, avocate et infatigable militante de la cause. « S’il faut payer la liberté de mon peuple de ma propre liberté, j’y suis prêt », disait mon père. « Maintenant, c’est tous les Palestiniens qui pensent cela. Nous n’en pouvons plus de la colonisation, des démolitions de maisons, des confiscations de terres, des humiliations quotidiennes. Cela fait des dizaines d’années que nous subissons ces violences. J’espère que je reviendrai avec une bonne nouvelle : le vote de la France pour la Palestine. Vingt ans après Oslo, il est temps de choisir son camp : ou bien on est pour Israël et l’occupation, ou bien on est pour la justice et la reconnaissance de la Palestine. »

« Exiger la libération des prisonniers, de tous les prisonniers est loin d’être un combat annexe », explique Claude Leostic, qui anime en France la campagne lancée en octobre 2013 à Robben Island, en Afrique du Sud, par Ahmed Kathrada, compagnon de détention de Nelson Mandela, à qui l’on compare souvent Marwan Barghouti. L’appel de Robben Island affirme que sa libération « marquera la volonté réelle de l’État d’Israël de mettre fin à l’occupation et ouvrira la voie à la paix ». Il a déjà été signé par plusieurs prix Nobel et des personnalités prestigieuses dans le mondeentier et en France. Au total, plus de 7 500 signatures ont été récoltées (1). Car, comme le souligne Monique Cerisier-Ben Guigua, ex-sénatrice socialiste, « les prisonniers sont des otages, et les tribunaux militaires qui les jugent des instruments d’oppression ». Pour Pierre Tartakowski, de la Ligue des droits de l’homme, « c’est un simple mode de gestion de la population : plus il y a de Palestiniens dans les prisons, moins il y a d’espoir en dehors ». Qassam précise, à l’appui : « 800 000 Palestiniens sont passés par la case prison. Tous politiques puisque ce qu’on leur reproche, c’est leur résistance à l’occupation, leur détermination à libérer leur patrie et à construire leur État. »

Martine Brousse, présidente de l’association la Voix de l’enfant soulève la douloureuse question des mineurs prisonniers. « En ce 25e anniversaire de la Convention internationale sur les droits de l’enfant, qu’Israël a signée, sur les 6 000 prisonniers palestiniens, 700 sont des enfants. Les témoignages montrent qu’ils sont battus, privés de nourriture, entravés et qu’ils finissent par avouer des actes qu’ils n’ont pas commis. » Pour Gisèle Halimi, « Marwan Barghouti appartient à ces combattants de la liberté qui ont rendu l’espérance à leur peuple, comme Jean Moulin pendant l’Occupation. Tous ceux qui sont impliqués dans ce difficile conflit savent qu’il est le seul interlocuteur valable pour une solution politique car le seul susceptible d’unir les Palestiniens ». Comme le dit pour finir l’ancien ministre socialiste Pierre Joxe : « Puisse le vote (d’aujourd’hui à l’Assemblée nationale invitant le gouvernement à reconnaître l’État de Palestine) être positif, sinon ce sera horrible pour la France. »

(1) Consultables sur site http://www.fmaapp.ps

  • source:http://www.humanite.fr/liberer-les-prisonniers-pour-liberer-lesperance-559134#sthash.hmLWz02z.dpbs
Tag(s) : #moyen orient

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