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Les lignes rouges de M. Samaras deviennent un feu vert à l’austérité et à la troïka ,de D. Papadimoulis*

Vangelis / Il y a 4 jours

Depuis quelques mois, le peuple grec est «bombardé» quotidiennement d’assertions optimistes par ses gouvernants qui carillonnent joyeusement la fin de la crise économique et annoncent la fin prochaine des mémorandums et le début triomphant d’une nouvelle période de reprise et de croissance pour l’économie grecque qui, disent-ils, sera désormais affranchie des interventions de nos créanciers.

Néanmoins, tout le monde sait aujourd’hui que la crise est loin d’être dépassée, que l’austérité est devenue la règle générale et que le «retour à la normalité» annoncé est un leurre, puisque les créanciers continueront de dicter des injonctions économiques qui garantissent le remboursement de leurs prêts et non pas la sortie de notre pays de la récession. Tout le monde sait aussi que sans un changement gouvernemental, la catastrophe économique et sociale que nous traversons progressera en s’intensifiant, que les impasses se multiplieront et que la perspective d’un développement viable s’éloignera de plus en plus.

Les déclarations successives des responsables européens à l’occasion de la dernière réunion de l’Eurogroupe, n’a laissé par ailleurs, aucune possibilité à l’équipe gouvernementale d’ «étoffer» sa stratégie de communication fondée sur «le retour à la normalité». Les engagements solidaires des partenaires européens, formulés avec conviction lors de la décision de l’Eurogroupe de 2012 concernant le règlement de la dette grecque, se sont envolés. De surcroît, ce mythe de la fin de la période mémorandaire s’est effondré sous les doubles coups des déclarations de W. Schäuble et de J. Dijsselbloem sur le besoin de continuer le programme en place, et de l’annonce, lors du dernier conseil de l’Eurogroupe, d’une ligne de précaution sous forme d’un outil du fonds de soutien de la zone euro (MES) appelée ECCL (Enhanced Conditions Credit Line).

Or en quoi consiste, en pratique, cette ligne de précaution? Selon le traité instituant le Mécanisme Européen de Stabilité, le MES est une institution financière des États – membres de la zone euro qui peut fournir un soutien financier « sous de strictes conditions », qui peuvent revêtir plusieurs formes, allant du «simple programme d’ajustement macroéconomique jusqu’ à l’obligation de continuer à respecter des conditions d’éligibilité préétablies» (article 12).

La procédure d’octroi d’un soutien à la stabilité (article 13) prévoit une demande adressée par l’état-membre intéressé au Président de l’Eurogroupe, qui, dès sa réception, charge la Commission et la BCE d’évaluer a) l’existence d’un risque pour la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble ou de ses États membres, b) la viabilité de la dette publique, et c) le déficit de financement.

Après l’accomplissement de ces formalités, le conseil des gouverneurs du ESM composé des ministres des finances des états de l’euro zone, décide à l’unanimité de l’octroi d’un soutien et charge la Commission européenne– en liaison avec la BCE et «lorsque cela est possible», avec le FMI – de négocier avec le membre du MES concerné, un Protocole d’entente (Memorandum of Understanding), définissant avec précision la conditionnalité dont est assortie cette facilité d’assistance financière (article 13.3). Dans le même temps, le Directeur général du mécanisme européen de stabilité, M.Regling, prépare «une proposition d’accord d’assistance financière », à savoir, un accord de prêt entre la Grèce et l’ESM.

Enfin, la surveillance de la mise en œuvre des dispositions du Mémorandum est confiée à une troïka… comme il est expressément prévu à l’article 13.7 du Traité de l’ESM: « La Commission européenne – en liaison avec la BCE et, lorsque cela est possible, conjointement avec le FMI – est chargée de veiller au respect de la conditionnalité dont est assortie la facilité d’assistance financière».

Quant à l’outil financier de la ligne de crédit de précaution (Enhanced Conditions Credit Line – ECCL), celui-ci peut être activé pour tout État membre de la zone euro qui rencontre des difficultés à obtenir un financement sur les marchés en raison des problèmes suivants: i) dette publique non viable, ii) violation du Pacte de stabilité, iii) impossibilité d’accès aux marchés internationaux, iv) problèmes de solvabilité du système bancaire. Les termes figurant dans le mémorandum signé par l’Etat membre, doivent inclure des mesures pour corriger ces problèmes sur une période de un à deux ans.

Il apparaît donc de façon claire que le «retour à la normalité» convoité par la coalition Samaras – Venizelos n’est rien d’autre qu’un «prolongement de la normalité» préconisée par les politiques de la récession et d’austérité, un prolongement de la surveillance des prêteurs, un prolongement de la domination des marchés internationaux. Par conséquent, la seule façon de «sortir des mémorandums» et des politiques qui les accompagnent est une défaite du gouvernement actuel aux élections nationales qui manifesteront la volonté du peuple grec pour le changement politique et imposeront une nouvelle voie pour l’économie et la société grecque.

*Dimitris Papadimoulis est députe européen de SYRIZA et vice président du Parlement Européen.

source: http://syriza-fr.org/2014/11/13/les-lignes-rouges-de-m-samaras-deviennent-un-feu-vert-a-lausterite-et-a-la-troika-de-d-papadimoulis/

Tag(s) : #europe

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