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Cuba : Réunion du Conseil des ministres

Réunion du Conseil des ministres
• Adoption de plusieurs politiques et mesures dans le cadre de la mise à jour du modèle économique cubain

LETICIA MARTINEZ HERNANDEZ et YAIMA PUIG MENESES

Le général d’armée Raul Castro Ruz a présidé vendredi une réunion du Conseil des ministres qui a débouché sur l’adoption de plusieurs politiques et mesures liées à la mise à jour du modèle économique cubain.

Parmi les sujets traités ont figuré le portefeuille d’opportunités pour les investissements étrangers ; le vieillissement de la population ; les fonctions et les facultés des unités d’entreprises de base ; les comptes à payer et à recevoir ; l’inscription des immeubles publics et le Plan général d’organisation urbain de la ville de Santiago de Cuba.

PORTEFEUILLE D’OPPORTUNITÉS POUR LES INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS

Le vice-président du Conseil des ministres, Marino Murillo Jorge, a présenté le portefeuille d’opportunités pour les investissements étrangers, qui, a-t-il dit, « est appelé à jouer un rôle essentiel pour attirer les capitaux étrangers », dont la mise à jour s’inscrit dans le chronogramme de mise en œuvre de la politique pour les investissements étrangers.

Il a annoncé que la Foire internationale de La Havane prévue le mois prochain aura précisément comme thème central les investissements étrangers pour favoriser la promotion d’une nouvelle politique et son cadre réglementaire.

Le Portefeuille adopté à cette réunion comporte 246 projets à mettre en œuvre avec un apport de capital étranger, d’un montant de 8,710 milliards de dollars, dans des sphères stratégiques telles que l’agroalimentaire, la construction, l’industrie pharmaceutique et biotechnologique, et les énergies renouvelables, entre autres. « Toutes les provinces, y compris la municipalité spéciale de l’Île dela Jeunesse, sont concernées par ces projets », a-t-il dit.

Il a qualifié le dossier de divers et vaste, affirmant que les d’études de faisabilité préalables à ces projets, ainsi que les directives de négociation adoptées accélèreront la construction de relations d’affaires avec les partenaires.

À cet égard, Rodrigo Malmierca Diaz, ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, a insisté sur l’importance d’assurer la continuité de ce dossier et de l’enrichir progressivement de nouveaux projets.

LA DYNAMIQUE DÉMOGRAPHIQUE

Un autre point examiné à la réunion concernait la dynamique démographique du pays, considérée aujourd’hui comme l’un des plus importants défis actuels du pays en raison de son impact sur la vie sociale, économique et familiale.

Murillo Jorge, responsable de la Commission permanente pour la mise en œuvre et le développement, a indiqué que « pendant les prochaines décennies Cuba sera confrontée à une décroissance démographique marquée par le vieillissement de sa population, une diminution des naissances et une augmentation des décès. Ce qui veut dire que si ces tendances ne sont pas inversées, vers 2025 ou 2027, notre pays enregistra plus de décès que de naissances, avec des diminutions de la population totale et dans toutes les tranches d’âge, à l’exception des personnes âgées de 60 ans et plus ».

Parmi les aspects qui ont le plus d’incidences sur le vieillissement de la population, il a signalé « les faibles taux de fécondité, l’augmentation de l’espérance de vie et le solde migratoire externe ».

Il a mentionné la faible fécondité comme le facteur déterminant, un phénomène aux causes multiples, comme les taux élevés de scolarité, la promotion économique et sociale de la femme, l’accès limité au logement, le coût élevé de la prise en charge des enfants, le manque de services de soutien à la famille et la cohabitation avec des aînés ayant besoin d’assistance.

Concernant la politique adoptée à cette session du Conseil des ministres, il a affirmé qu’il ne fallait pas s’attendre à des résultats immédiats, mais dans le moyen et long terme. « Elle a pour principaux objectifs d’encourager le taux de fécondité, la satisfaction des besoins croissants des personnes du troisième âge, ainsi que la promotion de l’emploi majoritaire et efficace des personnes aptes au travail ». Le responsable a annoncé que des politiques fiscales et des prix seront également adoptées pour encourager la natalité et améliorer la prise en charge des personnes du troisième âge.

LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE

Leonardo Andollo Valdés, vice-responsable de la Commission permanente pour la mise en oeuvre et le développement, a ensuite présenté un exposé sur la Politique intégrale de la propriété industrielle qui a été adopté par le Conseil des ministres.

Il a rappelé que ce point s’inscrit dans le cadre de l’application de l’Orientation No 228 de la Politique économique et sociale du Parti et de la Révolution, qui insiste sur la nécessité de « renforcer les capacités de prospection et de surveillance technologique, ainsi que la politique de protection de la propriété industrielle à Cuba et dans les principaux marchés externes ».

La mise à jour du modèle économique cubain vient donner une nouvelle portée et une plus grande importance à la propriété intellectuelle en tant qu’outil de gestion des exportations, la diminution des importations, les investissements – notamment étrangers –, et le développement scientifique et technologique, aussi bien pour les organisations étatiques que pour les formes de gestion non étatiques.

Il a signalé que le diagnostic réalisé a permis d’identifier plusieurs problèmes, si bien qu’une série de mesures ont été adoptées pour perfectionner tout ce qui a trait à ce sujet. « Avec la mise en œuvre de la politique adoptée, nous serons plus à même de promouvoir et soutenir le développement économique du pays », a-t-il ajouté.

LE PERFECTIONNEMENT DU SYSTÈME DES ENTREPRISES DU MINISTÈRE DES FINANCES ET DES PRIX

Andollo Valdés a également énuméré les propositions formulées en vue du perfectionnement du système d’entreprises connu sous le nom de Groupe d’entreprises Caudal S.A., spécialisé dans les services professionnels au secteur financier, notamment dans les assurances.

Les mesures prévues visent à apporter des solutions aux problèmes actuels et nous donner une organisation plus forte et plus performante, « qui prêtera des services d’assurances, d’évaluation d’avoirs, audits, études de faisabilité et consultation, notamment dans l’activité économique et de gestion, avec la mission d’appuyer le développement du secteur des entreprises et des formes de gestion non étatiques. « Ces capacités visent également la promotion des investissements étrangers dans le pays », a-t-il affirmé.

FONCTIONS ET FACULTÉS DES UNITÉS D’ENTREPRISES DE BASE

Le Conseil des ministres a également approuvé de nouvelles propositions liées aux fonctions et aux facultés des Unités d’entreprises de base (UEB), dans le cadre de la réorganisation progressive des organismes de l’administration centrale de l’État, et la création de conditions pour séparer les fonctions étatiques des fonctions d’entreprises.

Dans son exposé, Murillo Jorge a expliqué que « le système des entreprises étatiques cubaines reconnaît comme des figures entrepreneuriales les OSDE, les entreprises et les UEB. Ce qui ratifie le principe selon lequel, même si elles ont des définitions et des fonctions différentes, il existe entre ces entités des liens de fonctionnement étroits».

Les membres du Conseil des ministres ont ainsi convenu « d’étendre à tout le système d’entreprises l’application du Décret 281 concernant les concepts, les fonctions et les facultés des OSDE, des entreprises et des UEB, à l’exception de ce qui concerne le processus de perfectionnement des entreprises, en y insérant les éléments des normes juridiques abrogées qu’il est nécessaire de maintenir, ainsi que les nouvelles facultés qui ont été accordées au système d’entreprises dans le cadre de la mise en œuvre des orientations ».

« En résumé, les UEB auront les facultés qui correspondent à leur niveau et qui leur permettront de continuer de développer d’une manière stable les productions et les services », a-t-il dit.

TRAITEMENT FINANCIER DES CPA DE L’ACTIVITÉ NON SUCRIÈRE

Le ministre de l’Économie et de la Planification était chargé de la présentation de l’exposé sur la proposition du traitement financier des Coopératives de production agricole (CPA) consacrées à l’activité non sucrière. « L’objectif est d’appliquer un traitement similaire a celui qui a été approuvé et qui est offert aux Unités de base de production coopérative (UBPC), afin de leur permettre de résoudre leur situation financière et de les hisser économiquement au même niveau », a-t-il signalé.

Plus de 380 CPA sont confrontées à des difficultés économiques et financières, avec des montants de pertes considérables accumulés, ainsi que des dettes venues à échéance avec les banques, le Budget de l’État et le système d’entreprises, qui limitent leur durabilité.

Ainsi, pour les maintenir en fonctionnement et leur assurer la stabilité indispensable à la poursuite de leur activité productive d’une manière efficiente, le Conseil des ministres a adopté la proposition d’ « un traitement financier leur permettant de disposer des ressources monétaires nécessaires, ainsi qu’un nombre de mesures supplémentaires pour que ces entités puissent s’acquitter de leurs dettes, liquider les pertes accumulées et obtenir une capitalisation adéquate ».

« Ce traitement financier leur permettra de garantir la croissance productive prévue dans leurs programmes de développement à l’horizon 2018 », a souligné Murillo Jorge.

COMPTES À RECEVOIR ET À PAYER

Par la suite, Lina Peraza Rodriguez, ministre des Finances et des Prix, a donné lecture du rapport relatif à l’état des comptes à recevoir et à payer venus à échéance, un domaine où, d’une manière générale, des progrès ont été accomplis.

Elle a précisé que « le comportement de l’économie pendant le premier semestre de 2014 a eu un impact négatif sur la tendance à la baisse qui avait été enregistrée en 2013 ».

Parmi les principaux facteurs ayant influé sur ces résultats, elle a mentionné le manque de liquidité des entreprises, notamment les plus de 160 entreprises ayant enregistré des soldes défavorables. Elle a déploré le nombre important de dettes défavorables venues à échéance entre des entités subordonnées ou prises en charge par un même organisme, qui correspondent à un pourcentage de 65%.

Comme aspect positif, la ministre des Finances et des Prix a souligné le fait que « nous sommes quand même parvenus à diminuer considérablement la différence entre le total des comptes à recevoir et le total des comptes à payer à l’échelle nationale ». Et d’ajouter : « Il revient à présent à notre ministère de veiller à ce qu’à l’avenir ces chiffres n’augmentent pas ».

La ministre a indiqué par ailleurs que les impayés aux producteurs ont diminué, et elle a signalé qu’avant la fin de l’année « l’on s’attend à une modification favorable du comportement des comptes à recevoir et à payer venus à échéance, grâce à l’adoption d’une série de mesures économiques visant à assurer aux entreprises un niveau de stabilisation dans l’exécution des contrats et des accords en suspens ».

PROGRAMME D’INSCRIPTION DES IMMEUBLES

Maria Esther Raus Gonzalez, ministre de la Justice, a présenté le rapport sur l’exécution du programme d’inscription des immeubles étatiques durant la période janvier-août 2014, une question récurrente ces dernières années à ces réunions.

D’une manière générale, elle a signalé que le programme intégral d’inscription – qui concerne aussi bien les Organes locaux du Pouvoir populaire que les Organismes de l’Administration centrale de l’État (OACE) et des entités nationales – se trouve à 82,8% de son exécution.

Par ailleurs, elle a insisté sur l’importance de trouver durant ces derniers mois de l’année un équilibre dans la présentation des dossiers au registre de la propriété, le manque de personnel et de matériel empêchant de répondre pleinement à la forte demande qui pourrait se manifester.

Plus loin, elle a affirmé que par-delà les chiffres que l’on pourrait recueillir à la fin de l’année, il est important de souligner que malgré l’ampleur des inscriptions, l’effort réalisé jusqu’à présent a permis de préserver et de protéger juridiquement le patrimoine de l’État dans une brève période, ce qui contribué à l’ordre et profite directement à plusieurs à des activités telles que les investissements étrangers, l’identification des terrains vagues pour la construction de logements, et la location de locaux aux formes non étatiques, entre autres.

DOMMAGES ÉCONOMIQUES DANS LES OPÉRATIONS DE COMMERCE EXTÉRIEUR

Les principaux dommages économiques provoqués par des irrégularités dans des opérations de commerce extérieur, durant le premier semestre de 2014, ont également fait l’objet d’une analyse à la réunion. Selon Rodrigo Malmierca, ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, l’examen de cette question intervient dans le cadre d’un accord du Conseil des ministres, adopté dans le but d’assurer un contrôle strict sur ces faits dans tous les organismes.

« Nous ne pouvons pas encore affirmer que la totalité des irrégularités aient été détectées. Cependant, nous avons augmenté le contrôle et la gestion dans les entreprises et les organismes impliqués », a-t-il indiqué.

Concernant les principaux problèmes identifiés, il a affirmé que ceux-ci sont liés à une mauvaise sélection des fournisseurs ; aux longues procédures pour les contrats, à la manipulation incorrecte des marchandises dans leur commercialisation ; aux problèmes de transport et de planification ; aux failles dans le système de contrôle de la qualité, ainsi qu’aux indisciplines technologiques. « Il y a d’autres problèmes, mais ils sont plus difficiles à détecter en raison des irrégularités qui sont commises au niveau des contrats et de la décision d’achat », a signalé Malmierca.

À cet égard, il a affirmé que « des mesures ont été prises pour corriger ces insuffisances et améliorer la formation et la préparation du personnel lié à l’activité du commerce extérieur, perfectionner le processus des contrats internationaux, et résoudre les problèmes au niveau de la qualité et de la logistique. Ces mesures ont permis de réduire les dépenses au titre du séjour au port des navires et des conteneurs, bien que des retards aient été observés, attribuables à une mauvaise planification et à des insuffisances au niveau des opérations de transport interne », a-t-il souligné.

Par ailleurs, il a expliqué que les retards dans l’évacuation des cargaisons aériennes, qui représentent des pertes non prévues, et où dans certains cas un autre moyen de transport plus cher que le fret maritime a été utilisé sans aucune nécessité, ont également fait l’objet d’une analyse.

Pour conclure, le ministre a affirmé que « nous continuerons d’œuvrer au perfectionnement des mécanismes prévus pour éviter ce genre de pertes pour le pays, et nous adopterons toutes les mesures nécessaires à cette fin ».

source:http://www.granma.cu/idiomas/frances/cuba-f/27octubre-44consejoministros.html

Tag(s) : #cuba

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