Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le PTB soutient le rassemblement syndical du  23 septembre

Les organisations syndicales organiseront un « rassemblement d’avertissement » au prochain gouvernement ce mardi 23 septembre à la place de la Monnaie, à Bruxelles. C'est ce qu’elles ont annoncé aujourd’hui à la presse. Objectif ? Rassembler 5000 militants contre l’austérité et pour la justice sociale.


« L’inquiétude et l’insatisfaction montent chez nos affiliés et nous voulons lancer un signal clair au futur gouvernement », ont déclaré ensemble les trois syndicats du pays lors de la conférence de presse. « Nous ne voulons pas de politique d’austérité et de nouvelles dégringolades sociales et économiques », a expliqué Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB. Après avoir tiré la sonnette d’alarme au mois d’août et au début du mois de septembre, les organisations syndicales montent désormais clairement d’un ton. Plus concrètement, les trois syndicats du pays dénoncent les projets du gouvernement sur 4 plans.


Les salaires et le pouvoir d’achat


Les partis qui négocient attaquent le pouvoir d’achat sur trois fronts:


1) Ils veulent continuer à bloquer les salaires, voire à limiter toutes les augmentations collectives de salaires. « C’est inadmissible, ont dénoncé les syndicats. Cela fait 5 ans que les travailleurs paient la crise à travers le blocage salarial. Alors que la Belgique reste un paradis fiscal pour les grosses fortunes et que les grandes entreprises ne paient presque pas d’impôt. » Continuer à bloquer les salaires et empêcher toute négociation collective des augmentations salariales est contraire aux traités internationaux signés par la Belgique, ont-ils ajouté.


« Un blocage de l’index constitue un nouveau transfert direct de pouvoir d’achat des travailleurs vers les entreprises »
2) Ils veulent chipoter à l’index ou envisagent d’effectuer un saut d’index. « Un blocage de l’index constitue avant tout un nouveau transfert direct de pouvoir d’achat des travailleurs vers les entreprises », a souligné Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, poursuivant : « Pour ne prendre que deux exemples. Un travailleur âgé de 35 ans qui gagne 2000 euros bruts par mois et qui subirait un seul saut d’index dans sa carrière perdrait au total plus de 16.000 euros sur l’ensemble de sa carrière. Un travailleur qui gagne 3000 euros bruts et qui est à 5 ans de sa pension perdrait quant à lui plus de 4000 euros. Il ne s’agit pas de petits montants ! »


3) Ils veulent limiter les adaptations des allocations sociales au bien-être. Normalement, les allocations sociales (pensions, allocations maladies, chômage...) doivent être adaptées au développement économique de la société (le bien être). Un budget est normalement prévu à cet effet, et c’est à cela qu’ils veulent s’attaquer.


Les syndicats précisent que limiter les salaires n’est ni bon pour l’économie (car cela freine la consommation et, donc, l’économie, déjà mal en point) ni bon pour le déficit budgétaire (moins de salaires, c’est aussi moins de rentrées fiscales et donc un déficit plus important).


Défendre la sécurité sociale pour une société où tout le monde est admis


« Dans cette salle (la salle où s’organisait la conférence de presse des syndicats), tout le monde a probablement un travail et est en bonne santé, ce que je vous souhaite à tous et toutes, a déclaré Marc Leemans, président de la CSC. Mais cela peut changer. Très vite. Personne n’est à l’abri de la maladie, d’une perte d’emploi. Toute le monde va arriver un jour à la pension, d’autres auront un jour des enfants. Pour toutes ces situations, la sécurité sociale est à nos côtés. »


« Le problème n’est pas les pauvres, mais bien la pauvreté »
Et de conclure: « Aujourd’hui, les organisations patronales ne parlent que d’assistance pour ceux qui en ont "vraiment" besoin. Tous les autres doivent être "responsabilisés", comme ils disent. Nous voulons dénoncer ces discours. Le problème n’est pas les pauvres, mais bien la pauvreté. Le problème n’est pas les allocations, mais bien le fait qu’elles sont trop basses pour vivre dignement. Le problème n’est pas le malade qui profiterait, mais le fait que se soigner devient toujours plus cher. En plongeant des dizaines de milliers de gens dans la pauvreté, une société sans sécurité sociale entraînerait un bain de sang social et constituerait un danger pour la démocratie. »


Défendre les services publics


« Est-ce qu’on va continuer à "alléger" les services publics? a lancé Marie-Hélène Ska. Va-t-on supprimer des emplois dans les services de lutte contre la fraude fiscale? Dans la justice? Dans les hôpitaux? Il faut arrêter de voir les services publics comme un coût. Il s’agit d’un investissement dans une société plus juste et plus égalitaire. » Et de préciser : « Par exemple, le secteur de la construction a perdu ces dernières années 12.000 emplois à cause du dumping social. Quel est le plan du gouvernement pour combattre ce dumping? Comment va-t-il renforcer les services publics qui vont pouvoir lutter contre ce dumping? Ce serait bon pour l’économie, et bon pour les finances de l’Etat qui pourrait récupérer des rentrées fiscales perdues actuellement à cause des emplois passés à la trappe. Ce qui se prépare, c’est vraiment le contraire du progrès et de l’émancipation, mais c’est aussi le contraire l’efficacité. J’en appelle au retour du bon sens ! »


Une réforme fiscale où les fortunes contribuent


« La Belgique est un enfer fiscal pour les travailleurs et un paradis pour les riches. C’est cela qu’il faut changer, a indiqué Anne Demelenne. Ce que le gouvernement actuel propose, c’est de continuer les cadeaux aux multinationales. C’est de continuer à ne pas toucher aux revenus des patrimoines et du capital. Il promet de diminuer les impôts des plus bas revenus. Mais ce gain éventuel serait complètement perdu par la hausse de la TVA. » Pourtant, a-t-elle souligné, des alternatives existent : « Les revenus du travail sont bien connus par l’administration. Ils se trouvent automatiquement sur tax-on-web. Ils sont fortement taxés. Si les revenus du capital et du patrimoine étaient mis à contribution comme ceux du travail, cela pourrait rapporter 4 milliards. Mais pour cela, il faudrait que le gouvernement s’engage à établir un cadastre des fortune et un tax-on-web pour le capital. Une étude de Dulbea (un centre de recherche économique de l’ULB) a estimé que l’Etat perdait jusqu’à 30 milliards à cause de la fraude fiscale. Pourquoi ne pas chercher des moyens dans cette direction ? »


« Il faut arrêter avec la politique des cadeaux inconditionnels aux entreprises »
Et la secrétaire générale de la FGTB d’ajouter: « Il faut arrêter avec la politique des cadeaux inconditionnels aux entreprises. Par exemple, la société Doosan qui veut licencier plus de 300 personnes et qui est bénéficiaire a pu déduire plus 12 millions d’intérêts notionnels ces dernières années. Ce n’est pas acceptable. Chaque déduction fiscale accordée à une entreprise devrait être conditionnée à des objectifs de maintien ou de création d’emploi, à des objectifs d’investissement. »


Rudy De Leeuw, président de la FGTB, a conclu la conférence de presse des syndicats: « Nous dénonçons les attaques annoncées contre le pouvoir d’achat, contre la sécurité sociale, les services publics et la fiscalité qui veut encore faire payer les travailleurs. Nous avons des alternatives concrètes pour sortir de l’austérité et aller vers une véritable justice sociale. C’est tout cela qu’on défendra lors de notre rassemblement du 23 septembre à la Place de la Monnaie. »


Le PTB soutient #larésistancesociale


« Avec les premiers germes de résistance contre l’austérité en Flandre, issues notamment du monde culturel et associatif, avec aujourd’hui la mobilisation syndicale qui s’annonce, et avec la Protesparade que le PTB organise le 19 octobre prochain, on sent que la mobilisation sociale contre le gouvernement des millionnaires et des multinationales se lance et s’organise, conclut Benjamin Pestieau, responsables des relations syndicales du PTB. Le PTB mettra toutes ses énergies dans les semaines et mois à venir à soutenir ces initiatives et le mouvement de résistance sociale qui s’annonce. »

source:http://ptb.be/articles/rassemblement-d-avertissement-le-23-septembre-lance-par-les-syndicats

Tag(s) : #europe, #syndicat

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :