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Israël :: Progression spectaculaire de la campagne BDS

Le succès croissant de la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions met la pression sur l’économie israélienne, créant une inquiétude croissante dans le pays.

Luc Vancauwenberge

Les dernières négociations israélo-palestiniennes ont à nouveau, comme toutes les précédentes, échoué suite à l'intransigeance israélienne d'appliquer le droit international. Pourtant, le président palestinien Mahmoud Abbas est allé très loin dans ses concessions: il a accepté le principe d'un Etat palestinien démilitarisé, une présence militaire israélienne puis américaine le long du Jourdain (frontière avec la Jordanie), un échange de territoires permettant à 80% des colons de la Cisjordanie d'être intégré dans l'Etat israélien, le passage des colonies à Jérusalem sous souveraineté israélienne, le retour des réfugiés conditionné à l'accord d'Israël.[1] Mais Netanyahou voulait toujours plus de concessions : reconnaissance d’Israël de la part des Palestiniens comme « Etat juif », le contrôle complet de la Cisjordanie… En fait, Israël veut soit la capitulation complète des Palestiniens, soit pas d'accord du tout. Le statu quo lui permet d'avancer pas à pas dans la colonisation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie

Mais Israël doit faire face à une perte croissante de légitimité au niveau international et à un succès croissant de la campagne internationale de Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS). Selon les statistiques officielles israéliennes, les exportations des colonies ont chuté de 35% les 4 premiers mois de l'année 2014. Le ministre des Finances Yair Lapid estime à 20 milliards de dollars les coûts à l'économie israélienne de la campagne BDS, ainsi que 10.000 emplois.[2] Fin janvier, le fonds souverain norvégien, le plus important du monde, a ajouté à sa liste noire deux compagnies israéliennes en raison de leur rôle dans la construction de colonies à Jérusalem. Un important fonds de pension hollandais, le PGGM, s'est retiré de 5 banques israéliennes pour les mêmes raisons. L'ONG Oxfam a congédié son ambassadrice, l'actrice Scarlett Johansson, parce qu'elle a tourné un spot pour la firme israélienne Sodastream, active dans une colonie israélienne.[3] Ce qui crée une inquiétude croissante en Israël. Ainsi, la ministre de la Justice, Tzipi Livni, déclarait: « Le boycott avance et progresse uniformément et de manière exponentielle. Ceux qui ne veulent pas le voir finiront bien par le sentir. ». L'absence de négociations « de paix » risque de booster encore la campagne BDS. Le 26 juin dernier, la France a déconseillé (interdire aurait été mieux, mais c'est déjà un progrès) à ses citoyens et entreprises de faire des affaires dans les colonies israéliennes. Les Pays-Bas et la Grande Bretagne avaient déjà fait de même. L’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, la Suède et le Luxembourg devraient publier des recommandations similaires. A nous de mettre la pression sur les autorités belges pour qu’elles aillent dans le même sens et s’attellent enfin à mettre fin à l'implication de la banque Dexia dans le financement des colonies israéliennes.

Campagne BDS : infos sur bds-belgium.be

source: http://www.solidaire.org/index.php?id=1340&tx_ttnews[tt_news]=38686&cHash=78c9872fe16b83810d853b6f3f2266af

[1] Alain Gresh « Pourquoi les négociations au Proche-Orient échouent toujours », Monde Diplomatique juin 2014,

[2] MEM 29/4/14

[3] Julien Sarlingue « Alarmes israéliennes », Monde Diplomatique juin 2014

Tag(s) : #europe, #moyen orient

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