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Fête du Modef 19 : exploiter, ce n'est pas maltraiter
Agriculture

La fête annuelle du modef, syndicat qui défend une agriculture à taille humaine, ce n’est pas seulement sa brocante, son concours de manœuvres agricoles (lire encadré) et sa convivialité. C’est aussi un moment de réflexion et d’échange entre les adhérents et les élus.

Le thème cette année portait sur la modification du statut des animaux. En effet dans le cadre d’une harmonisation des textes des codes pénal, rural et civil, l’Assemblée nationale a décidé de modifier le statut juridique de l’animal. Auparavant considéré comme «un bien meuble», ce dernier pourrait devenir «un être vivant doté d’une sensibilité».

Lutter contre la maltraitance

Une modification lourde de sens pour une profession qui vit au quotidien à proximité de bovins, ovins et autres volailles. «La réforme requalifie le statut des animaux, mais à mon avis on se trompe. Un bien meuble, cela ne veux pas dire un objet, cela veut dire un bien dont l’homme peut être propriétaire. C’est une confusion qui nous mène là. Mais nous devons tout de même soutenir ce projet selon moi car l’industrialisation de l’élevage engendre une maltraitance des animaux et il faut lutter contre cela», explique Alain Sage, philosophe, dans un propos introductif.

Entre les volailles élevées dans des hangars dont la rentabilité est calculée au nombre de poulets au m2, et les vaches laitières conduites à l'abattoir après leur deuxième veau, les abus ne manquent pas dans certaines exploitations agricoles de France. Mais une réforme du statut des animaux n’est-elle pas la porte ouverte à de nouvelles réglementations pour les agriculteurs ? Selon le journaliste Gérard Dupuy, cette réforme ouvre beaucoup plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

«Donner une sensibilité aux animaux n’est-ce pas le début de toutes les difficultés ? Que deviendra le gavage des oies et des canards par exemple ? Trop de réglementations ne risquent-elles pas de porter préjudice aux agriculteurs français par rapport à des concurrents étrangers ?»
Pour la députée socialiste Sophie Dessus, présente lors du débat, l’enjeu de la réforme réside dans le mot «sensible». «C’est un mot qui peut être détourné du sens voulu par le législateur. C’est fréquent dans le monde de la justice. Je souhaite personnellement qu’il soit remplacé par ‘‘sensorialité’’, moins sujet à des interprétations. Il faut arrêter avec la surcharge des normes qui se contredisent les unes avec les autres et qui laissent le bon sens de côté», assure la députée.

Protéger les animaux de la souffrance infligée par leur maître, tout en permettant aux chefs d’exploitation de continuer à réaliser leur travail, l’équilibre est difficile à trouver, surtout lorsqu’il s’agit d’animaux dont l’unique raison de vivre se limite à être tués pour nourrir les hommes. «La notion de respect est difficile à introduire dans ces conditions», explique Alain Sage. «Il faut raison garder, affirme de son côté Jean Mouzat, président national du Modef. Un animal doit rester un animal. Ne nous trompons pas de débat. Nous devons continuer à sacrifier des animaux. Et si nous voulons continuer à faire des produits de qualité, nous devons prendre soin de nos bêtes. Et assurer leur bien-être, cela est impossible dans les super-exploitations qui ne pensent que par la rentabilité».

Bien qu’attentif à l’évolution du statut des animaux, le Modef compte bien marquer sa position contre la souffrance du bétail. Et si la révolution industrielle du XIXe siècle s’est faite au détriment des droits des ouvriers, l’industrialisation du monde rural du XXIe siècle ne se fera pas sur le dos des vaches laitières. No pasaran !

source: article + photos : l'Echo

Fête du Modef 19 : exploiter, ce n'est pas maltraiter
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Tag(s) : #modef

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