Inves­tis­se­ments dans les colonies : la mise en garde fran­çaise, premier pas positif

Publié le par anonyme

Inves­tis­se­ments dans les colonies : la mise en garde fran­çaise, premier pas positif

AFPS, samedi 28 juin 2014

La mise en garde du Ministère des Affaires étran­gères concernant les inves­tis­se­ments dans les colonies israé­liennes des ter­ri­toires occupés vient enfin d’être rendue publique. C’est un premier pas assu­rément positif.

Il est désormais expres­sément rappelé sur le site du Ministère que « La Cis­jor­danie, y compris Jérusalem-​​Est, Gaza et les hau­teurs du Golan sont des ter­ri­toires occupés par Israël depuis 1967. Les colonies sont illé­gales en vertu du droit inter­na­tional ». Et que, du fait des risques éco­no­miques et juri­diques liés aux acti­vités dans ces colonies… « Les citoyens et entre­prises qui envi­sagent des acti­vités éco­no­miques ou finan­cières dans les colonies sont appelés à sol­li­citer un avis juri­dique approprié avant de pro­céder à ces activités ».

Alors certes, on peut trouver un peu étonnant que ces mises en garde soient logées dans une rubrique « Conseil aux voya­geurs » après un point sur les « us et cou­tumes » … On pourrait aussi faire la fine bouche et se demander si le terme de « mise en garde » ne serait pas un peu sur­évalué, s’agissant d’investisseurs dont la vocation même, ainsi qu’on l’entend répéter, est de « prendre des risques ». Mais enfin, lire entre les lignes est aussi quel­quefois néces­saire, et le premier pas, celui qui coûte, a été fait : les colonies sont illé­gales dans les ter­ri­toires occupés et cela a bien des consé­quences sur les acti­vités qui s’y déroulent. Que la France prenne le chemin ouvert avant elle par le Royaume-​​Uni et s’y trouve aujourd’hui aux côtés de l’Italie et de l’Espagne est tout à fait important, les réac­tions israé­liennes nous le montrent. Les Pays-​​Bas, eux, sont allés plus loin : ils décou­ragent offi­ciel­lement leurs entre­prises d’investir dans les colonies.

On ne sait trop auprès de qui nos inves­tis­seurs sont appelés à « sol­li­citer un avis juri­dique approprié », mais nous leur sug­gérons de prendre aussi un avis éthique que nous leur four­nissons gra­tui­tement : investir dans une colonie établie en vio­lation du droit inter­na­tional et huma­ni­taire peut se révéler très coûteux. Et d’abord en termes d’image. Pour en savoir plus, ils peuvent s’adresser à Scarlett Johansson, ou mieux… à l’église pres­by­té­rienne amé­ri­caine. Quant au Ministère des Affaires étran­gères, après ce premier pas dif­ficile, la voie de la logique poli­tique lui est désormais ouverte : c’est tout sim­plement celle de l’interdiction d’entrée des pro­duits des colonies, et de toute relation d’affaires avec les entre­prises qui par­ti­cipent à la colo­ni­sation. Nous entendons bien l’y accompagner.

Le Bureau national

Publié dans pcf, moyen orient

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