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GILBERT GARREL, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE 
LA FÉDÉRATION CGT DES CHEMINOTS : Aller vers la voie du service public SNCF

Aller vers la voie du service public SNCF

mercredi 11 juin 2014

Depuis 1997, la Fédération CGT des cheminots affirme que la séparation du système ferroviaire entre RFF et la SNCF est une ineptie.

Le gouvernement Juppé, à l’époque, a créé RFF pour cacher la dette d’État issue de la construction des LGV.

Dix-sept ans après, il y a unanimité pour reconnaître que la CGT avait raison. La dette liée aux investissements d’aménagement du territoire n’a cessé de croître.

Son poids financier freine les entretiens utiles. Le signal d’alarme sur l’état de délabrement du réseau ferré a été tiré par deux expertises indépendantes.

Nombre de dysfonctionnements et d’accidents trouvent leurs origines dans cette organisation bicéphale du système ferroviaire.

Frédéric Cuvillier, alors ministre des Transports, annonçait en octobre 2012 qu’il fallait réunifier le système pour qu’il réponde aux besoins de la nation.

Il a affirmé que le statut des cheminots devait être préservé pour maintenir la qualité et la sécurité de ce service public. Ses propos sonnaient bien.

Mais, comme sur d’autres sujets, le gouvernement a plié aux injonctions des technocrates de Bruxelles, à la pression du président de la SNCF et des forces libérales nationales, pour transformer notre service public SNCF en service commercial ouvert au marché.

Le projet de loi présenté en Conseil des ministres le 16 octobre 2013 (inscrit à l’agenda parlementaire à compter du 17 juin) n’a plus rien à voir avec le discours rassurant prononcé un an plus tôt.

Ce projet de loi entend éclater la SNCF en trois entreprises distinctes et autonomes.

Il ne traite ni la dette ni le financement des travaux nécessaires. Ce serait donc par la réduction d’effectifs, la déqualification, la baisse des services et des normes de sécurité et, bien entendu, par la hausse des tarifs qu’ils souhaitent résoudre l’équation économique.

Pourtant preuve est faite que la libéralisation a des conséquences terribles. En Europe, les populations des pays qui se sont lancés dans cette aventure le mesurent.

La sécurité est au plus bas, les tarifs ont explosé, le réseau et la qualité du transport se sont détériorés au même rythme que les conditions de vie et de travail des cheminots.

En France, depuis l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire, le nombre de tonnes/kilomètres acheminé par rail a été divisé par 2 et mis sur les routes au mépris des enjeux environnementaux, économiques et sociaux.

La CGT, avec l’UNSA et SUD rail, a alerté à plusieurs reprises : grève le 13 juin et le 12 décembre 2013, manifestation nationale le 22 mai 2014.

Face à la surdité du gouvernement, les cheminots sont en grève reconductible depuis hier 19 heures.

Nous exigeons une réelle réunification de la SNCF, un traitement de la dette d’État portée par le système ainsi qu’un financement de la régénération du réseau et de son développement par des ressources nouvelles et une autre organisation de la production.

Il est essentiel de maintenir un niveau de qualification et des normes sociales aptes à répondre aux contraintes du service public tout en garantissant la sécurité des circulations et des usagers.

Enfin il est impératif de faire du transport de marchandises par des modes alternatifs à la route un service d’intérêt général.

La CGT a élaboré et versé au débat un contreprojet répondant à ces 4 thèmes qui a servi de base à une plateforme syndicale unitaire.

Il appartient au gouvernement de nous entendre.

La SNCF appartient à la nation, en ce sens les usagers, les citoyens doivent être informés et associés aux réflexions sur son devenir, c’est un enjeu de société.

Si réforme il doit y avoir, c’est vers « la voie du service public SNCF » qu’il faut aller.

Tag(s) : #CGT

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